Les paroles de Jésus

 

 

 

On accuse souvent l'Église d'imposer des lois qui ne viennent pas de Jésus et d'être dure avec les personnes, parfois pures victimes, dans un divorce suivi d'un remariage. C'est une erreur. Voici les enseignements de Jésus.

L’Évangile et le DIVORCE

 

Matthieu

5,20 "Car je vous le dis : si votre justice ne surpasse pas celle des scribes et des Pharisiens, vous n'entrerez pas dans le Royaume des Cieux. "

5,27 "Vous avez entendu qu'il a été dit : Tu ne commettras pas l'adultère.

5,28 Eh bien! moi je vous dis : Quiconque regarde une femme pour la désirer a déjà commis, dans son coeur, l'adultère avec elle. "

5,31 "Il a été dit d'autre part : Quiconque répudiera sa femme, qu'il lui remette un acte de divorce.

5,32 Eh bien! moi je vous dis : Tout homme qui répudie sa femme, hormis le cas de "prostitution", l'expose à l'adultère; et quiconque épouse une répudiée, commet un adultère. "

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Matthieu

19,3 Des Pharisiens s'approchèrent de lui et lui dirent, pour le mettre à l'épreuve : "Est-il permis de répudier sa femme pour n'importe quel motif?"

19,4 Il répondit : "N'avez-vous pas lu que le Créateur, dès l'origine, les fit homme et femme,

19,5 et qu'il a dit : Ainsi donc l'homme quittera son père et sa mère pour s'attacher à sa femme, et les deux ne feront qu'une seule chair?

19,6 Ainsi ils ne sont plus deux, mais une seule chair. Eh bien! ce que Dieu a uni, l'homme ne doit point le séparer"

19,7 "Pourquoi donc, lui disent-ils, Moïse a-t-il prescrit de donner un acte de divorce quand on répudie ?"

19,8 "C'est, leur dit-il, en raison de votre dureté de coeur que Moïse vous a permis de répudier vos femmes; mais dès l'origine il n'en fut pas ainsi.

19,9 Or je vous le dis : quiconque répudie sa femme - pas pour "prostitution" - et en épouse une autre, commet un adultère. Si une femme répudie son mari et en épouse un autre, elle commet un adultère. Et celui qui épouse une femme répudiée par son mari commet un adultère. "

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Matthieu

19,10 Les disciples lui disent : "Si telle est la condition de l'homme envers la femme, il n'est pas expédient de se marier."

19,11 Il leur dit : "Tous ne comprennent pas ce langage, mais ceux-là à qui c'est donné.

19,12 Il y a, en effet, des eunuques qui sont nés ainsi du sein de leur mère, il y a des eunuques qui le sont devenus par l'action des hommes, et il y a des eunuques qui se sont eux-mêmes rendus tels à cause du Royaume des Cieux. Qui peut comprendre, qu'il comprenne!"

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  Hormis cas de prostitution :

- Dans l'Église orthodoxe, cette parole est interprétée de la manière suivante : "L'adultère d'un des deux annule le mariage". Le divorce est donc autorisé dans ce cas.

- Dans l'Église catholique, la traduction retenue est "Hormis cas d'union illégitime". Le divorce n'est donc jamais autorisé, même en cas d'adultère ou de prostitution. Mais le Droit de l'Église admet un certain nombre de cas où le mariage ne peut être célébré validement, par exemple si l'un des conjoints était déjà marié, ou engagé par des voeux religieux, ou avait menti gravement sur son identité etc. (voir onglet "Droit canon et Officialité").

 

 

 

 

Comment interpréter l’enseignement du Christ sur le divorce

 

Il faut l’interpréter à la lumière de l’Évangile (le message de Jésus). On comprend aisément qu’il s’agit ici de religion et de vie éternelle et non de morale humaine, surtout lorsqu’il s’agit de rester fidèle toute une vie à un conjoint qui a fait sa valise depuis des années. Aucun motif humain ne peut justifier une telle fidélité puisque le lien de l’amour naturel a disparu.

Il s’agit donc de religion, dans ce qu’elle a de plus spirituel. Jésus-Christ révèle par toute sa vie ceci :

Dieu a créé l’homme pour une vie éternelle qui consistera à voir Dieu face à face comme dans un mariage d’amour.

Dès cette vie terrestre, il est possible de se préparer et de réaliser en un certain sens cette vie, à travers un amour de Dieu au jour le jour (la prière) et l’amour de l’autre. Mais en regardant la vie et le message de Jésus, on s’aperçoit vite que ce ne sont pas n’importe quels humilité ou amour qui sont nécessaires pour voir Dieu. Il s’agit d’un amour sans limites, poussé jusqu’au mépris de soi-même, dit saint Augustin (c'est-à-dire l'oubli de soi, le renoncement à soi-même). Le Christ meurt sur la croix pour son peuple et de la main de son peuple. Or, ce peuple est considéré par lui comme son épouse puisqu’il est en train de le sauver par sa mort. A l’heure de leur propre mort, ses assassins s’en rendirent compte puisqu’ils furent accueillis et, pour ceux qui le voulurent, pardonnés par le Christ lui-même.

Dans le mariage entre un homme et une femme, ce n’est pas autre chose qui est demandé au conjoint abandonné. Saint Paul dit : “ Le mariage est un grand sacrement. C’est celui de l’amour du Christ pour son Eglise (son peuple).” Ainsi, pour résumer, celui qui comprend ce langage, c'est celui qui essaye d'être fidèle à son conjoint de la même manière que Dieu le fait avec nous quand nous sommes infidèles. S’appuyant sur les évangiles, l’Église catholique invite les croyants à une fidélité totale, pour le meilleur et pour le pire. Il s’agit, nous l’avons vu, d’un mystère de l’amour poussé jusqu’à l’absurde (au niveau humain), mais qui est la Sagesse de Dieu.

 

L’Église catholique et le remariage

 

Cet appel est exigeant. Il dépasse nos capacités humaines. En fait, on ne peut y répondre concrètement sans une grâce de Dieu. Alors beaucoup de conjoints abandonnés ou solitaires ne le peuvent pas. Eh bien, ils ont un chemin pour eux. S'ils se remarient, c'est la magnifique

Voie du Publicain.

Beaucoup la refusent a priori en disant : "Mais je n'ai pas péché. Mon conjoint est parti." Qu'ils réfléchissent : Jésus est venu pour les PÉCHEURS. Et s'il y avait là une voie qui permet, plus rapidement que les autres, de comprendre que tous, nous sommes pécheurs...

L’Église étant une société humaine, elle s’est dotée de lois (le Code de droit canonique). Pour rappeler aux divorcés remariés l’appel du Christ, elle leur demande de ne plus venir communier au sacrement de l’eucharistie (la messe). Il ne s’agit pas d’un rejet. Encore faut-il comprendre l’esprit qui doit sous-tendre cette demande. Si l’on se rappelle que la vraie communion avec le Christ et le prochain à sa source, son origine dans l’humilité et l’amour, l’absence de communion des divorcés remariés peut devenir une grâce, la chance d’être marqué pour l’humilité et l’amour.

Par contre, si l’on considère qu’être disciple du Christ, c’est être vertueux, ou dans la norme de sa loi, une telle demande de l’Église sera nécessairement vécue comme une insupportable excommunication.

 

 

 

Un texte de l'Église

 

LES DIVORCÉS REMARIÉS ET L'EUCHARISTIE

(Proposition 40, synode des évêques à Rome autours du pape Benoît XVI, 23 oct. 2005)


Dans la continuité des nombreux enseignements du Magistère de l'Église et partageant la douloureuse préoccupation exprimée par tant de Pères, le Synode des évêques réaffirme l'importance d'un comportement et d'une action pastorale d'attention et d'accueil pour les fidèles divorcés et remariés.


Selon la tradition de l'Église catholique, ils ne peuvent être admis à la communion car ils présentent les conditions objectives de contraste* avec la Parole du Seigneur qui a donné au mariage sa valeur originaire d'indissolubilité... Malgré cela, les divorcés remariés appartiennent à l'Église qui les accueille et les suit avec une attention particulière afin qu'ils cultivent une forme de vie chrétienne par la participation à la messe, même s'ils ne reçoivent pas la communion, l'écoute de la Parole de Dieu, l'adoration eucharistique, la participation à la vie communautaire, le dialogue de confiance avec un prêtre ou un maître de vie spirituelle, le don à la charité vivante, les actes de pénitence, l'éducation des enfants.

Quand la nullité du lien du mariage n'est pas reconnue et qu'il y a les conditions objectives qui, de fait, font que la cohabitation est irréversible, l'Église les encourage à s'engager à vivre cette relation selon les exigences de la loi de Dieu, la transformant en un amitié loyale et solidaire. Ainsi ils pourront de nouveau se rapprocher de la table eucharistique, avec les attentions prévues par la procédure ecclésiale, mais il faut éviter de bénir ces relations afin qu'il n'y ait aucune confusion possible sur la valeur du mariage auprès des fidèles.


En même temps, le Synode souhaite que tout soit fait non seulement pour garantir le caractère pastoral, la présence et l'activité correcte et ponctuelle des tribunaux ecclésiastiques pour les causes de nullité matrimoniale, que pour approfondir ultérieurement les éléments essentiels pour la validité du mariage, tenant compte également des problèmes issus du contexte actuel de profonde transformation anthropologique, par lequel les fidèles risquent d'être conditionnés spécialement quand il y a carence de formation chrétienne solide.